Musique-les-bains

Tous les week-end d’été, sur France Musique, Denisa Kerschova nous entraîne, de sa voix grave et envoutante, sur les traces des musiques nées et jouées dans les stations balnéaires et thermales d’Europe : « Lieux de bien-être et de détente où se croisent écrivains, compositeurs et poètes, les stations balnéaires ont la côte en littérature. Elles sont aussi le lieu de festivals et de musique ! Passons chaque week-end de l’été dans l’une d’elles : Venise, Baden-Baden, Marienbad… sans oublier la côte normande ».

Il est possible d’accéder aux podcasts sur le lien suivant: https://www.francemusique.fr/emissions/musiques-les-bains

Voilà qui complète utilement quelques-uns de mes précédents posts : « La dame au petit chien », « sur le sens du mot Riviera »« villes d’eau, villes de pouvoir ».

C’est l’été ! Entre l’art du bronzage et l’art de la plage

L’été amène toujours son lot d’articles sur la plage et le bronzage.
Voici un petit florilège…

« Le bronzage, l_une des révolutions culturelles les plus méconnues »

Ces règles tacites qui dictent nos comportements sur la plage

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Pascal Ory _ « L_apparition du bronzage est une révolution culturelle »

 

« Villes d’eau, villes de pouvoir »

L’émission « La Fabrique de l’histoire » (France Culture) a consacré, du 30 avril au 2 mai, une série aux villes d’eau.

Avec le commissaire de l’exposition « Tous à la plage ! », Bernard Toulier, l’une des émissions compare les villes balnéaires de bord de mer et les villes thermales, dans leur organisation spatiale comme dans l’usage qu’en font les classes dirigeantes du XVIIIè au XXè siècle.  Quels en sont les investisseurs ? Quel rôle joue l’Etat ? Comment celui-ci afferme-t-il les bains aux sociétés privées ? Pourquoi ces villes thermales sont-elles aussi des villes de pouvoir ?

Il est possible de la podcaster ici.

 

A ordem pública e o controle social das práticas balneárias no começo do século XX

Em 2016, foi publicado no periódico Recorde: Revista de História do Esporte, o artigo “Medindo maiôs e correndo atrás de homens sem camisa: a polícia e as praias cariocas 1920-1950”.  A temática é abordada por Bert J. Barickman, professor de História da Universidade do Arizona, nos Estados Unidos, no artigo que antecede um livro ainda em processo de elaboração, como informado pelo próprio autor.

Em linhas gerais, o artigo de Barickman (2016) discute as várias campanhas policiais para moralizar e civilizar os banhistas e as praias cariocas entre 1920 e 1950. Essas campanhas se destacam por ter como alvo principal os banhistas de classe média e média-alta que frequentavam as praias de Ipanema e Copacabana, consideradas praias “aristocráticas” e “elegantes” naquele período. O artigo também revela um conflito sobre a definição dos conceitos de moralidade e civilidade e traz um debate acerca dos privilégios sociais e do uso aceitável do espaço público no começo do século XX.

 

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Para Todos, 19 de Março de 1927.
“ – Isso é uma pouca vergonha! Eu vi três marmanjos com roupas indecentíssimas fazendo ginástica! – Pois nós não vimos, vamos voltar?”

 

O autor explica que na década de 1920 as praias de Copacabana e Ipanema são palco de um momento fundamental da cultura balneária: a transição do banho de mar, já estabelecido como ‘receita médica’ ou momento de lazer desde o século XIX, para a prática de frequentar a praia. Segundo Barickman (2016), a diferença fundamental é que a atividade realizava-se, sobretudo, na água e a prática era efetivamente de banhar-se no mar. Por isso, não se dizia “ir à praia” e sim “ir ao banho” ou “fazer uso dos banhos”. É também na década de 1920 que o locus da atividade e da sociabilidade transferiu-se para as areias e foi essa mudança fundamental que possibilitou a prática do “ir à praia”.

Em linhas de conclusão, o autor destaca que, no período estudado, a polícia de fato interveio repetidamente tentando restringir a presença de banhistas nas ruas do Rio de Janeiro. Seus esforços nesse sentido não obtiveram nenhum sucesso duradouro. A história daquelas campanhas constitui um bom exemplo de como, apesar das tentativas de restrição impostas pelas autoridades, as práticas da vida cotidiana podem mudar as regras que ordenam os usos do espaço público. No caso do Rio de Janeiro, é comum nos dias atuais ver circular pelos calçadões e pelas ruas dos bairros de Copacabana e Ipanema, por exemplo, homens de sungas e mulheres de biquíni na copresença de outras pessoas completamente vestidas, engravatados, crianças uniformizadas, etc. sem que isso cause um estranhamento maior.

Pour saluer le printemps… “Xote de Copacabana”

Puisque le printemps débute officiellement demain (en France), voici une chanson de Jackson do Pandeiro, originaire de l’Etat de Paraíba (dans le Nordeste). Les paroles de ce « scottish » (Xote) mettent justement en scène un nordestin (d’origine rurale) arrivant à Rio et découvrant la plage de Copacabana, les bikinis… (Xote de Copacabana).

Je mets ici ma traduction en français et laisse les collègues Brésiliens se remémorer les paroles.

« Je vais y retourner, je n’en peux plus

Je n’arrête pas de penser à Rio de Janeiro

Je me souviens que j’ai été à Copacabana

Et que j’ai passé plus d’une semaine sans pouvoir me contrôler

Avec mon air de couillon qui regardait

Ces jeunes femmes courant

en maillot le long de la plage

Les femmes dans le sable

S’allongent de toutes les façons

Et le cœur du bonhomme

En arrive à changer de rythme

Et beaucoup d’entre elles utilisent

Une espèce de bikini

Si le gars ne fait pas attention

Cela peut donner une confusion incroyable »

La ville de Campina Grande (Paraíba) a installé une statue en hommage à Jackson do Pandeiro (1919-1982) sur la « orla » du lac  « Açude Velho ».

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Souvenirs, souvenirs !

Je ne sais pourquoi m’est revenue en mémoire cette chanson de Michel Jonasz que je fredonnais durant mes années d’étudiant : « les vacances au bord de la mer » (ci-joint, pour les collègues brésiliens, un lien avec les sous-titres en français : https://www.youtube.com/watch?v=J932Q_FioL4).

Aujourd’hui, un vers en particulier retient mon attention (« on regardait les autres gens comme ils dépensaient leur argent ») : ne dépensaient-ils vraiment rien, comme essaie de nous le dire Jonasz ? Même pas pour un petit souvenir ? Et soudain je ressens ce que Proust appelait « la rumeur des distances traversées » : me voici, enfant, sur la plage de Hyères. Il me fallait aussi, tout comme Jonasz, faire attention. Pourtant j’ai ramené un souvenir : un petit calendrier perpétuel, en métal, tout à fait comparable à l’un de ceux reproduits ci-dessous.

 

Les souvenirs… Nous ne les avons pas évoqué dans le projet BALNEOMAR – même si, sous l’impulsion d’Ana Brasil, une discussion sur les objets commence à prendre forme. Pourtant les « souvenirs » ont aussi beaucoup de choses à nous dire sur les villes balnéaires, les pratiques culturelles et les imaginaires auxquelles elles donnent forme ; les réseaux également dans lesquels elles sont insérées. Revenons au calendrier perpétuel : si j’ai pu assez facilement retrouver des exemples sur internet, évoquant aussi bien la France que les Etats-Unis, les Pays-Bas, le Canada…, c’est qu’il y avait sûrement un modèle initial sur lequel il suffisait ensuite d’apposer une décoration spécifique. Voilà bien un réseau à évoquer : on doit pouvoir en dire de même pour les cartes postales, les tasses à café et autres mugs…

A ce sujet, un article de Jean-Claude Vimont (« Objets-souvenirs, objets d’histoire ? », Sociétés & Représentations, 2010/2 (n° 30), p. 211-228) doit retenir notre attention : « Les objets-souvenirs du tourisme balnéaire, plus particulièrement ceux qui furent proposés dans les stations du littoral, ont fait l’objet de publications récentes et trouvent place dans les expositions et catalogues sur la conquête du rivage. On peut signaler le livre de Bernard Rubinstein et Patrick Léger, Souvenirs de bords de mer, publié en 1999, ainsi que l’ouvrage collectif, Souvenirs de rivages, bibelots et images du tourisme balnéaire, publié en 2001. Ils montrent la diversité des supports utilisés, les thèmes essentiels représentés, les fonctions quelquefois utilitaires (baromètres, thermomètres). La standardisation de certaines productions est évoquée grâce à l’étude de manufactures situées souvent loin des côtes visitées. Boulogne-sur-Mer diffusa des objets en coquillages dans toutes les stations littorales ; seule la mention du nom variait. (…) En Méditerranée, les lampes veilleuses en céramique de Vallauris ont accompagné l’essor du tourisme sur la Côte d’Azur au milieu du xxesiècle et ont permis une diversification de l’offre des artisans locaux, bientôt imités par ceux de Monaco et d’autres stations balnéaires. Poissons et coquillages très colorés, amphores et fonds marins reconstitués, huîtres d’or, moules entrouvertes et mérous bleus, étoiles de mer et corolles de crustacés, tous les ingrédients sont réunis pour évoquer les plaisirs de la mer. »

Ces objets et ces réseaux nous content ainsi des histoires, à l’exemple des Cangas que l’exposition « Quando o MAR virou RIO » (évoquée dans mon dernier post) mettait en belle place. Ces pans de tissus, de couleurs souvent vives, décorés avec des monuments, objets ou animaux symboliques de la ville merveilleuse, sont considérés aujourd’hui comme représentatifs de la culture de plage à Rio. Or ils ont une histoire, que raconte Adriana Sampaio : « Aux alentours de 1973 commençait à apparaître sur la plage d’Ipanema une jeunesse qui revenait des colonies portugaises d’Afrique, engagées dans un processus d’Indépendance, comme le Mozambique et l’Angola, et qui avait amené avec elle des pans de tissus rectangulaires mesurant approximativement 150x110cm, en coton imprimés avec des motifs typiquement africains. Différents du paréo de Tahiti ou du sarong d’Hawai, bien qu’ils aient une structure similaire, ces pans de tissu étaient appelés Capulana ou Kanga. Bien que le paréo et le sarong aient été connus des surfeurs, c’est la kanga qui a été adoptée sur les plages cariocas, désormais écrite à la manière brésilienne, avec la lettre C » (Adriana Sampaio, Inovação, moda e praia na cidade do Rio de Janeiro, 2013).

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© L. Vidal (« Quando o MAR virou RIO » – 2017)

Sur les souvenirs, je me permets de signaler encore l’enquête de Hugh Wilkins («Souvenirs: What and Why We buy», Journal of Travel Research, vol. 50, no 3, mai 2011, p. 239-247), où l’on trouve ce tableau, issu d’une étude (réalisée en Australie) sur les comportements d’achat de souvenir selon le sexe :

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Faut-il y voir les effets d’ « une civilisation proliférante et surexcitée (…) qui mortifie nos désirs et nous voue à cueillir des souvenirs à demi corrompus » (Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, 1955) ? Ou plutôt des objets qui nous fascinent parce qu’ils créent l’illusion de pouvoir de nous conférer une identité (Georges Perec, Les choses, 1965) ?

 

 

 

 

Sur une exposition : « Quando o MAR virou RIO »

« Quando o MAR virou RIO »… tel est le nom d’une exposition que le musée historique national de Rio a accueilli en 2017 : « Quand la mer est devenue Rio » [*jeu de mots entre Rio (de Janeiro) et Fleuve (de Janvier)]. Comme l’expliquent les concepteurs, l’exposition a été inspirée « par le curieux fait historique que la ville internationalement connue par son style de vie dicté par la plage a un nom de fleuve ».

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Je ne parlerai ici que de la partie photographique.

Outre les photos classiques d’Augusto Malta (1864-1957) sur les premiers aménagements des plages à Rio (dont on peut trouver les principaux clichés dans la collection Brasiliana Fotográfica,

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Augusto Malta – la plage de Copacabana vue du Copacabana Palace (sd[192-]) / Rio de Janeiro, RJ / Acervo FBN

on pouvait y découvrir les photos de Geneviève Naylor, engagée par l’Office of Inter-American Affairs (OIAA), dirigé par Nelson Rockefeller et chargé de l’implantation de la Politique de Bon Voisinage. Cette toute jeune photographe (25 ans) devait appliquer un protocole bien précis afin de produire des images de propagande (voir à ce sujet : Robert Levine, The brazilian photographs of Genevieve Naylor, 1940-1942, Durham and London, Duke University Press, 1998). En 1943, en marge de la fameuse exposition « Brazil Builds », le MoMa de Ney York a d’ailleurs exposé 50 photographies de Naylor (« Faces and Places of Brazil ») pour diffuser une image positive du Brésil – la plage de Copacabana, avec des types sociaux clairement identifiés, y était largement représentée.

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Genevieve Naylor, Copacabana (1941 – Colection Reznikoff)

D’autres photos venaient compléter l’exposition : celles, homoérotiques, d’Alaïr Gomes (ce qui fut pour moi une découverte – cf. le premier post de Leticia Parente, qui propose justement une reproduction d’Alair Gomes) et surtout celles du photographe de São Paulo, Júlio Bittencourt (encore une découverte !), sur une plage populaire de Rio (piscinão de Ramos), plage artificielle construite entre 2000 et 2001 dans la favela da Maré (à 24 km de Copacabana – cette carte de 2016 sur les principales plages de Rio ne mentionne que le quartier de Ramos, en haut à droite).

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Ce sont cette fois, dans le photographies de Júlio Bittencourt, d’autres corps que l’on peut découvrir (pour connaître l’ensemble du travail de ce photographe, cf. son site). Et il vaudrait la peine d’analyser, de manière comparée, pour mesurer les emprunts réciproques, les aménagements spatiaux et les usages sociaux du piscinão de Ramos avec une plage comme Copacabana.

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© Julio Bittencourt (2008)
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© Julio Bittencourt (2013)
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© Julio Bittencourt (2013)

« La dame au petit chien » (Anton Tchekhov)

« Le bruit s’était répandu qu’un nouveau personnage avait fait son apparition sur la promenade : une dame avec un petit chien. » C’est avec cette phrase laconique qu’ Anton Tchekhov ouvre, en 1899, la nouvelle « la dame au petit chien ». La scène se déroule à Yalta, station balnéaire fort prisée des moscovites, dans laquelle Tchekhov lui-même s’était fait construire une villa : « la datcha blanche ». La nouvelle aurait d’ailleurs était écrite lors d’un séjour de Tchekhov à Yalta. Elle met en scène Dmitri Dmitrich Gourov, un banquier moscovite d’une quarantaine d’années, marié et père de trois enfants, et Anna Serguéievna von Diederitz, d’environ 25 ans, également mariée, habitant une ville de province.

« Dmitri Gourov, qui se trouvait depuis deux semaines à Yalta et en avait pris les habitudes, s’était mis lui aussi à s’intéresser aux physionomies nouvelles. Assis à la terrasse du Vernet, il vit passer sur la promenade une jeune dame blonde, de petite taille, coiffée d’un béret; un loulou blanc la suivait. Puis il la rencontra plusieurs fois par jour, au jardin public et au square. Elle se promenait seule (…). Personne ne savait qui elle était. On l’appelait simplement la dame au petit chien ».

Gourov et la dame au petit chien finiront par se rencontrer à la terrasse du Vernet :

« Il y a longtemps que vous êtes à Yalta [demande Gourov] ?

— Cinq ou six jours.

— Moi j’arrive au bout de la deuxième semaine. »

Un silence suivit.

— « Le temps passe vite, et pourtant qu’est-ce qu’on s’ennuie ici! » dit-elle, sans le regarder.

En quelques lignes Tchekhov dresse un portrait de la vie sociale dans les stations balnéaires en cette fin de siècle. Le rôle de la promenade, du jardin ou du square – autant de lieux où se montrer -, l’importance des terrasses de cafés – pour voir et être vu – sans oublier le rapport singulier au temps (que l’on cherche à tuer, parfois, par un ennui élégant). Il faut dire que Yalta offrait « le long de la route du littoral, des boutiques à faire pâlir Paris de jalousie ».

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Statues d’Anton Tchekhov et de la dame au petit chien sur le front de mer de Yalta

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Au sujet de l’iconographie du bandeau du site BALNEOMAR

Il s’agit d’un détail d’une aquarelle de Paul Klee, intitulé « Südfranzösisches Seebad » (327 x 488 mm). Propriété de la Tate Gallery, il a reçu pour nom : « Seaside Resort in the south of France ».

1927 Seaside Resort in the South of France II [Paul Klee]
Seaside Resort in the South of France 1927 Paul Klee 1879-1940 Presented by Gustav and Elly Kahnweiler 1974, accessioned 1994 http://www.tate.org.uk/art/work/T06795
Klee est, à cette date (1927), professeur à l’école du Bauhaus (à Dessau), où il enseigne la théorie de la forme picturale, développant notamment des réflexions sur les liens entre rythme et peinture.

Le tableau « Seaside Resort in the south of France » est justement une illustration de ce dialogue possible : la plage et la mer sont symbolisées sous la forme d’une portée musicale, les bâtiments semblent comme disposés sur cette portée,  et le paysage au premier plan est traité comme autant de notes prêtes à prendre place sur la portée. Un rythme harmonieux semble présider à l’articulation du littoral, du front de mer et de l’arrière-pays. Voilà qui souligne l’un des aspects de la recherche de Balnéomar – comprendre la morphologie singulière des villes balnéaires, et son évolution dans le temps, à l’articulation de ces trois réalités spatiales. En outre, par le traitement artistique proposé par Paul Klee, c’est la question de la spécificité de la culture balnéaire qui est également en jeu. Et ce sera le deuxième grand axe de notre projet.

A noter que cette aquarelle a été peinte en 1927, durant un voyage entre la Suisse et la Corse. Au milieu de son chemin, en Provence, Klee réalise diverses aquarelles : fasciné par les villes littorales, il les traite sous une forme abstraite avec des couleurs vives et primaires, à l’exemple de cette « Côte de Provence » (134×304 mm).

1927 Cote Provence 7 [Paul Klee]