Exposition: Tous à la plage

L’exposition dresse un panorama de l’histoire des villes balnéaires en France, au regard des pratiques européennes, du 18ème siècle à nos jours.
Des premiers bains de mer pratiqués à des fins curatives aux constructions de villas, d’hôtels, et d’hébergements de vacances pour le grand public au fil des siècles, l’exposition retrace la conquête progressive des bords de mer à travers des reproductions d’affiches anciennes, de photographies, etc…
Clichés anciens, caricatures, chefs d’oeuvres du film comique illustrent les affres des bains thérapeutiques, les mondanités des promeneurs, l’émerveillement des enfants et des familles à la mer, un engouement croissant pour le littoral, ou encore les plagistes au soleil.
Des plans et études techniques portent à la fois sur les villas balnéaires, les casinos, les grands hôtels, ainsi que sur les premières cabines de bains, les projets de jetées, les habitats modulaires légers, et bien sûr sur les grands aménagements du littoral. Des affiches illustrent le rôle des compagnies de chemin de fer et les « trains de plaisir » à destination des stations.
Autour des trois grands thèmes principaux de l’exposition « inventer la villégiature »,  « l’essor des grandes vacances à la mer » et « quelles villes balnéaires pour demain ? », de nombreuses illustrations relatent l’évolution des pratiques balnéaires à La Rochelle.

Du 01/07/2018 au 31/12/2019.

Debussy à la plage

« En août 1911, Debussy s’installe avec sa famille sur la plage normande de Houlgate. Pendant un mois, le musicien subit le monde trivial des casinos et des hôtels de luxe, des bains de mer et des fêtes enfantines. »

Pour mener à bien cette enquête, Rémy Campos a puisé dans la collection de photographies de Debussy, ainsi que les lettres familiales… Autant dire que c’est un joli contrepoint à la lecture contemporaine de Proust : « je ne fais exactement rien, non par paresse mais par impossibilité de pouvoir penser en ce caravansérail » ; « nous devons avouer qu’à la fin de cette villégiature nous ne savons pas pourquoi nous sommes venus »…

Une exposition est en cours à Saint-Germain-en-Laye (https://musee-archeologienationale.fr/actualite/debussy-la-plage). Voir une courte vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=N6NRpQOGDRc

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Musique-les-bains

Tous les week-end d’été, sur France Musique, Denisa Kerschova nous entraîne, de sa voix grave et envoutante, sur les traces des musiques nées et jouées dans les stations balnéaires et thermales d’Europe : « Lieux de bien-être et de détente où se croisent écrivains, compositeurs et poètes, les stations balnéaires ont la côte en littérature. Elles sont aussi le lieu de festivals et de musique ! Passons chaque week-end de l’été dans l’une d’elles : Venise, Baden-Baden, Marienbad… sans oublier la côte normande ».

Il est possible d’accéder aux podcasts sur le lien suivant: https://www.francemusique.fr/emissions/musiques-les-bains

Voilà qui complète utilement quelques-uns de mes précédents posts : « La dame au petit chien », « sur le sens du mot Riviera »« villes d’eau, villes de pouvoir ».

C’est l’été ! Entre l’art du bronzage et l’art de la plage

L’été amène toujours son lot d’articles sur la plage et le bronzage.
Voici un petit florilège…

« Le bronzage, l_une des révolutions culturelles les plus méconnues »

Ces règles tacites qui dictent nos comportements sur la plage

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Pascal Ory _ « L_apparition du bronzage est une révolution culturelle »

 

Comment sont « nées » les plages… à La Rochelle

Le « Plan administratif de la ville et banlieue de La Rochelle », dressé en 1865 par Th.Roux (et disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale de France : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53030146v), offre un détail remarquable sur les premières plages de La Rochelle.

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On peut y voir, hors des remparts, trois mentions de bains : au centre, les bains Marie-Thérèse (les premiers, fondés en 1827, par la constitution de la société anonyme des bains de mer, composée de 97 actionnaires), à gauche, les bains Richelieu, anciennement bains Jaguenaud, fondés en 1847, et à droite, les bains publics. Un chemin, passant par la porte des deux moulins permet de franchir l’enceinte, qui enserre encore la ville, et de rejoindre le Mail, également aménagé pour offrir un espace de promenade élégant aux abords de la ville.

L’ensemble, pensé entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, impose un système de balnéarisation à trois niveaux : le chemin et le Mail ; les plages et l’aménagement des bains; et entre les deux, le jardin à l’anglaise. A noter que cette première « balnéarisation » s’est donc faite hors de la ville emmurée.

Lorsque cette carte est dessinée, il est encore trop tôt pour signaler, à proximité du Mail, les Bains Louise, qui ouvriront leurs portes aux femmes de la classe ouvrière en 1870. En revanche, un établissement plus modeste, les Bains Guillemet, existait déjà depuis 1860, en pleine ville, rue Fleuriau.

Ci-dessous, quelques illustrations des bains et de la promenade du Mail :

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Anciennement Bains Jaguenaud – Neurdein, frères – vers 1875 © http://yveslebrec.blogg.org/la-rochelle-par-les-freres-neurdein-a127078262
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Les bains Jaguenaud – lithographie d’Adolphe d’Hatsrel (1847) © http://www.alienor.org/collections-des-musees/fiche-objet-110569-paysage-les-bains-jagueneaud

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Il reste aujourd’hui encore quelques vestiges que l’on peut voir à marée basse :

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Vestige des bains Richelieu © L. Vidal (2018)

Les bains Marie-Thérèse ont également été lithographiés par Adolphe d’Hastrel – qui (pour l’anecdote)a voyagé au Brésil et réalisé de belles gravures de la ville de Rio de Janeiro.

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Bains de mer Marie-Thérèse – lithographie d’A. d’Hastrel (1845) © http://www.alienor.org/collections-des-musees/fiche-objet-109417-paysage-les-bains-de-mer

Et voici ce qu’il en reste aujourd’hui :

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Ruines des aménagements des bains de mer Marie-Thérèse © L. Vidal (2018)

Aux abords des bains de mer, un parc à l’anglaise, avec un kiosque à musique (à la mode chinoise) et le pavillon Fleuriau (du nom de Fleuriau de Bellevue, l’un des actionnaires de la société anonyme, qui l’avait fait construire à ses frais pour agrémenter les promenades des curistes dans le parc, et dont la fortune vient des plantations de sucre de Saint-Domingue, et de la main d’œuvre esclave).

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Vue de La Rochelle depuis les Bains Marie-Thérèse
Oeuvre de Auguste Alexandre Abel de PUJOL (fils), 1851 © http://www.revue-arcades.fr/vue-de-rochelle-bains-marie-therese/

Les Bains Richelieu ont disparu en 1897. Les bains Marie-Thérèse sont rachetés par la ville en 1902 qui y apporte diverses améliorations comme la construction d’une salle de spectacle. Entre-temps, l’usage du bain de mer s’est modifié et le plaisir de la baignade popularisé. Pour y faire face, La Rochelle n’a qu’une plage très modeste dite de La Concurrence en référence aux Bains Marie-Thérèse. En 1907, la ville y entreprend des travaux conséquents. Elle agrandit la plage, installe des cabines neuves et fait construire un café, la Pergola. Une vaste jetée promenade s’ouvre désormais jusqu’au casino du Mail (http://www.lagenette.org/la-genette-racontee/206-les-bains-marie-therese).

 

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Au début du XXe siècle, les activités de plage ont pris une telle ampleur qu’il a fallu réglementer les usages, à l’exemple de cet arrêté de 1934 :

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Peut-être était-ce une réaction à l’apparition de véritables naïades, comme en témoigne cette carte postale des années 1920 (toutefois, si l’on fait une rapide recherche à partir de l’image, on se rend compte que plusieurs villes ont utilisé cette photo d’une baigneuse aux formes généreuses – Calais…).

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De Tower beach à Paris Plage : “urbeach”, des plages dans la ville

L’historienne Elsa Devienne a publié (en français et en anglais) sur le site La Vie des idées un article intitulé : «Des plages dans la ville. Los Angeles et la réflexion sur la plage urbaine idéale». en voici le premier paragraphe, qui est bien en lien avec la problématique de Balneomar :

« Aménager de grandes étendues de sable dans un cadre urbain est l’une des dernières tendances d’un urbanisme qui entend implanter le loisir au cœur des grandes villes. La première plage artificielle de ce type fut vraisemblablement créée à Londres en 1934 lorsque 1500 tonnes de sable furent déversées le long de la Tamise, juste en dessous de la Tour de Londres. Celle qu’on appelle alors «Tower Beach» connaît un franc succès tout au long de son existence, en particulier auprès des classes populaires qui ne peuvent pas s’offrir le trajet vers les stations balnéaires. Bien que seulement cinq cent personnes puissent folâtrer sur le sable au même moment, et malgré une qualité de l’eau très médiocre, la plage attire les Londoniens en foule. Fermée pendant la Seconde Guerre mondiale, Tower Beach rouvre en 1945 pour finalement fermer définitivement en 1971 en raison de la pollution.

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Enterré à Londres, le concept de plage urbaine a récemment refait surface sur d’autres rivages et suscite l’engouement en Europe et aux États-Unis. Un mot a même été inventé pour décrire ce phénomène : «urbeach» (une combinaison des mots «urban» et «beach») et depuis l’inauguration de «Paris Plage» en France en 2002, Birmingham, Berlin, Las Vegas, Amsterdam, Rome et New York ont inauguré leurs propres versions de l’ «urbeach» ».

 

Mazagan, reine des plages du Maroc

El Jadida (Maroc), ancienne forteresse portugaise de Mazagão…

Lors du protectorat français (1912-1956), une petite plaquette est diffusée pour présenter Mazagan, reine des plages du Maroc (Imprimerie française, 1922). Il y est question de son «capital touristique de premier plan», avec la «coquette cité portugaise» et «une plage incomparable et unique au Maroc, tant par sa beauté que par sa sécurité absolue. Tous les estiveurs qui l’ont vue, y ont résidé, sont unanimes à vanter ses charmes. Sur une longueur de plus de deux kilomètres s’étend une plage de sable fin où viennent se briser mollement les flots atlantiques. Très fréquentée pendant la saison des bains de mer (15 juin – 15 septembre), la plage de Mazagan est un rendez-vous des estiveurs qui viennent y dresser leurs tentes ou cabanons (…). C’est donc à juste raison que Mazagan a été dénommé le Deauville Marocain».

Cette dimension touristique de Mazagan va orienter la politique du protectorat dans deux directions. En premier lieu, la construction d’une ville nouvelle à l’extérieur des remparts est décidée en 1916 : «la ville nouvelle forme un vaste demi-cercle autour de l’agglomération indigène et s’étend en particulier à l’Est, le long de la magnifique plage de sable, longue de plusieurs kilomètres, qui fait le charme et le grand agrément de Mazagan».

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Ensuite, la réalisation sur cette plage d’un casino (construit sur pilotis en 1925 – mais rapidement effondré en raison de fondations instables), d’un cinéma et d’un hôtel (l’hôtel Mahraba, dessiné en pleine seconde guerre mondiale par les architectes Emile Duhon (1911-1983) et Marius Boyer, 1885-1947). Son architecture reprenait les éléments et design des paquebots.

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Des cartes postales souvenirs, avec la reproduction iconographique des bâtiments les plus symboliques, permettaient de diffuser la beauté de cette nouvelle plage.

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Aujourd’hui le casino est effondré, l’hôtel abandonné et en partie détruit.

Mais leur présence témoigne de la façon dont les colonies ont servi de terrain d’expérimentation aux Européens pour diffuser, bien au-delà du continent, le modèle balnéaire et les valeurs culturelles de modernité qui lui sont associées.

 

 

« Villes d’eau, villes de pouvoir »

L’émission « La Fabrique de l’histoire » (France Culture) a consacré, du 30 avril au 2 mai, une série aux villes d’eau.

Avec le commissaire de l’exposition « Tous à la plage ! », Bernard Toulier, l’une des émissions compare les villes balnéaires de bord de mer et les villes thermales, dans leur organisation spatiale comme dans l’usage qu’en font les classes dirigeantes du XVIIIè au XXè siècle.  Quels en sont les investisseurs ? Quel rôle joue l’Etat ? Comment celui-ci afferme-t-il les bains aux sociétés privées ? Pourquoi ces villes thermales sont-elles aussi des villes de pouvoir ?

Il est possible de la podcaster ici.

 

A ordem pública e o controle social das práticas balneárias no começo do século XX

Em 2016, foi publicado no periódico Recorde: Revista de História do Esporte, o artigo “Medindo maiôs e correndo atrás de homens sem camisa: a polícia e as praias cariocas 1920-1950”.  A temática é abordada por Bert J. Barickman, professor de História da Universidade do Arizona, nos Estados Unidos, no artigo que antecede um livro ainda em processo de elaboração, como informado pelo próprio autor.

Em linhas gerais, o artigo de Barickman (2016) discute as várias campanhas policiais para moralizar e civilizar os banhistas e as praias cariocas entre 1920 e 1950. Essas campanhas se destacam por ter como alvo principal os banhistas de classe média e média-alta que frequentavam as praias de Ipanema e Copacabana, consideradas praias “aristocráticas” e “elegantes” naquele período. O artigo também revela um conflito sobre a definição dos conceitos de moralidade e civilidade e traz um debate acerca dos privilégios sociais e do uso aceitável do espaço público no começo do século XX.

 

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Para Todos, 19 de Março de 1927.
“ – Isso é uma pouca vergonha! Eu vi três marmanjos com roupas indecentíssimas fazendo ginástica! – Pois nós não vimos, vamos voltar?”

 

O autor explica que na década de 1920 as praias de Copacabana e Ipanema são palco de um momento fundamental da cultura balneária: a transição do banho de mar, já estabelecido como ‘receita médica’ ou momento de lazer desde o século XIX, para a prática de frequentar a praia. Segundo Barickman (2016), a diferença fundamental é que a atividade realizava-se, sobretudo, na água e a prática era efetivamente de banhar-se no mar. Por isso, não se dizia “ir à praia” e sim “ir ao banho” ou “fazer uso dos banhos”. É também na década de 1920 que o locus da atividade e da sociabilidade transferiu-se para as areias e foi essa mudança fundamental que possibilitou a prática do “ir à praia”.

Em linhas de conclusão, o autor destaca que, no período estudado, a polícia de fato interveio repetidamente tentando restringir a presença de banhistas nas ruas do Rio de Janeiro. Seus esforços nesse sentido não obtiveram nenhum sucesso duradouro. A história daquelas campanhas constitui um bom exemplo de como, apesar das tentativas de restrição impostas pelas autoridades, as práticas da vida cotidiana podem mudar as regras que ordenam os usos do espaço público. No caso do Rio de Janeiro, é comum nos dias atuais ver circular pelos calçadões e pelas ruas dos bairros de Copacabana e Ipanema, por exemplo, homens de sungas e mulheres de biquíni na copresença de outras pessoas completamente vestidas, engravatados, crianças uniformizadas, etc. sem que isso cause um estranhamento maior.

Pour saluer le printemps… “Xote de Copacabana”

Puisque le printemps débute officiellement demain (en France), voici une chanson de Jackson do Pandeiro, originaire de l’Etat de Paraíba (dans le Nordeste). Les paroles de ce « scottish » (Xote) mettent justement en scène un nordestin (d’origine rurale) arrivant à Rio et découvrant la plage de Copacabana, les bikinis… (Xote de Copacabana).

Je mets ici ma traduction en français et laisse les collègues Brésiliens se remémorer les paroles.

« Je vais y retourner, je n’en peux plus

Je n’arrête pas de penser à Rio de Janeiro

Je me souviens que j’ai été à Copacabana

Et que j’ai passé plus d’une semaine sans pouvoir me contrôler

Avec mon air de couillon qui regardait

Ces jeunes femmes courant

en maillot le long de la plage

Les femmes dans le sable

S’allongent de toutes les façons

Et le cœur du bonhomme

En arrive à changer de rythme

Et beaucoup d’entre elles utilisent

Une espèce de bikini

Si le gars ne fait pas attention

Cela peut donner une confusion incroyable »

La ville de Campina Grande (Paraíba) a installé une statue en hommage à Jackson do Pandeiro (1919-1982) sur la « orla » du lac  « Açude Velho ».

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