Balnéomar – dossier Confins (n°39)

La revue franco-brésilienne de géographie Confins a publié dans dans son n°39 notre dossier Balnéomar : voici la liste des 10 articles ci-dessous, et le lien pour le numéro : https://journals.openedition.org/confins/17154

Dossier Balneomar (Sous la direction de Laurent Vidal et Paulo Cesar da Costa Gomes)

Copa Cabana 1912

Copa Cabana… écrit en deux mots sur une carte postale du début des années 1910.

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Rappelons que le toponyme Copacabana n’est pas originaire du Brésil, mais des Andes. Jusqu’au XVIIIe siècle cette région de Rio de Janeiro, située face à l’océan, est encore dénommée Sacopenapã, qui signifie (en langue Tupi) “le bruit du battement des ailes de l’oiseau”. Au XVIIIe siècle, après la construction d’une chapelle en hommage à Nossa Senhora de Copacabana (en référence à une ville de Bolivie, située sur les rives du lac Titicaca – en quechua le mot signifie signifie : « en regardant le lac »), le quartier commence à prendre le nom de Copacabana.

Sur cette carte postale, on devine encore au pied de ce qui était le morne d’Inhangá, rasé après 1906 (date du début de l’aménagement de Copacabana en quartier balnéaire), de petites maisons en bois sur pilotis, posées au coeur des dunes et habitées par des populations noires – c’est apparemment pour cela que Roland a choisi cette carte, car il s’agit comme il l’écrit d’ « une maison disparue ».

D’où l’importance de la photo reproduite sur cette carte postale : à la différence des autres de la même époque qui montrent plutôt l’aménagement et la modernité de ce quartier (cf. photos de Ribeiro et de Malta), celle-ci témoigne au contraire d’un monde en voie de disparition.

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Pour les lecteurs français, pour plus d’informations sur Copacabana, voir l’article d’Hervé Théry : https://braises.hypotheses.org/1303#_ftnref5

“Balnéaire” : dialogue impromptu avec Gallica

Le hasard parfois peut nous réserver de belles surprises. Me voici sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF. Je tape le mot-clé « balnéaire » et j’apprends qu’il y a 9045 références – autant dire qu’il y a peu de chances que je les consulte en totalité. Mais rien n’empêche de surfer : et voici que je tombe sur une photographie intitulée : « Exposition internationale des arts et techniques, Paris 1937 : maquette d’une station balnéaire »

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À la vue de cette immense cité, s’impose la présence rectiligne d’un imposant immeuble face à la mer, sensation que des jetées, s’avançant à intervalles réguliers dans la mer, viennent à peine atténuer. À l’arrière un vaste parc végétal et au centre, une place rectangulaire.

Etonnante maquette ! et qui me laisse sur ma faim, car la notice explicative est pour le moins restreinte.

Je tente donc Google – « exposition internationale des arts et techniques, Paris 1937 : station balnéaire ». Cela ne donne rien, ou plutôt si : « station balnéaire » est d’emblée supprimé. Autant dire que ce n’est pas pertinent. Cette exposition des « Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne » s’est tenue à Paris du 25 mai au 25 novembre 1937, et a notamment présenté le fameux « Pavillon des temps nouveaux » organisé par Le Corbusier et son frère Pierre Janneret. Mais au-delà, rien qui n’évoque cette maquette de station balnéaire.

De recherche en recherche, j’en arrive à taper : « projet cité balnéaire 1937 », et là je tombe sur la cité balnéaire Prora (http://cargocollective.com/arewearchi/filter/histoire/CITE-BALNEAIRE-PRORA) :

« Parmi les plus ambitieux projets de construction du Troisième Reich furent les cinq complexes prévues de station balnéaire de la Kraft durch Freude (KdF – Strength Through Joy) une association de travailleurs, une partie du Front Deutsche Arbeits (DAF) sous la direction du Dr Robert Ley. En collaboration avec les navires de croisière KdF, ces stations balnéaires étaient été destinées à proposer des vacances abordables pour le travailleur moyen allemand. Bien que cinq stations de ce type furent prévus, un seul a commencé, sur la côte est de l’île de la mer Baltique de Rügen, sur la plage de Prora. »

Un plan permet même de voir l’évolution de cette station construite entre 1936 et 1939.

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En lisant l’article on apprend que « La station Prora prévoyait deux complexes – Nord et Sud – chacun composé de quatre blocs de dix logements, offrant des salles pour 20.000 vacanciers. Dessiné par Clemens Klotz, chaque chambre devait donner sur l’océan. Chacune de 5 mètres sur 2,5 devait compter deux lits, une armoire ou un placard, et un évier. Entre les deux complexes, les bâtiments administratifs et un assemblage de grande place publique avaient été dessiné. »

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Mais le plus intéressant est la remarque suivante : « L’exposition universelle de Paris en 1937, a reconnu la qualité de l’ensemble des plans pour le Prora en lui décernant le Grand Prix de l’Architecture. » Les régimes autoritaires exercent toujours une fascination chez certains architectes… comme Le Corbusier (je vous renvoie à l’excellente biographie de François Chaslin, Un Corbusier, Paris, Seuil, 2015).

Un autre article, cette fois de la revue franco-russe Méthodes (http://www.revuemethode.org/sf091618.html) est assez critique : « Cet alignement sans fin, massif, répétitif, industriel, austère dans lequel tout retrait dans une sphère privée est quasi impossible et structuré autour d’une salle des fêtes conçue pour accueillir des manifestations de masse, crée une sorte de violence structurelle que n’adoucit pas la proximité de la Baltique. »

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De recherche en recherche, je tombe sur l’article de Valter Balducci, « Tourisme et ville moderne. Les centres pour la villégiature en Italie (1930-1943) » (https://rta.hypotheses.org/articles/valter-balducci), où l’on découvre que l’Italie fasciste avait commencé dès le milieu des années 1920 à réfléchir à l’aménagement de cités balnéaires : « le tourisme est un élément central de la politique du régime fasciste. Le contrôle du temps libre constitue un outil de transmission de ses valeurs idéologiques, et en même temps l’aménagement des lieux pour les touristes constitue un banc d’essai pour les hypothèses sur la ville et l’urbanisme fascistes. » On trouve notamment ce projet de Giuseppe Vaccaro pour une station balnéaire, contemporain du projet de Prora : « La ville panoramique sur la mer (pour station balnéaire) », 1936-37, dans Domus, n°113, 1937, p. 31

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Il est temps de refermer l’ordinateur ! Non sans avoir fait un petit clin d’œil àCarlo Ginzburg et sa « conversation avec Orion » (nom du catalogue de la bibliothèque de UCLA –  Ginzburg Carlo, « Conversation avec Orion », Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2006/2 (N° 82), p. 129-132. URL : https://www.cairn.info/revue-materiaux-pour-l-histoire-de-notre-temps-2006-2-page-129.htm)

 

 

 

 

 

Debussy à la plage

« En août 1911, Debussy s’installe avec sa famille sur la plage normande de Houlgate. Pendant un mois, le musicien subit le monde trivial des casinos et des hôtels de luxe, des bains de mer et des fêtes enfantines. »

Pour mener à bien cette enquête, Rémy Campos a puisé dans la collection de photographies de Debussy, ainsi que les lettres familiales… Autant dire que c’est un joli contrepoint à la lecture contemporaine de Proust : « je ne fais exactement rien, non par paresse mais par impossibilité de pouvoir penser en ce caravansérail » ; « nous devons avouer qu’à la fin de cette villégiature nous ne savons pas pourquoi nous sommes venus »…

Une exposition est en cours à Saint-Germain-en-Laye (https://musee-archeologienationale.fr/actualite/debussy-la-plage). Voir une courte vidéo ici : https://www.youtube.com/watch?v=N6NRpQOGDRc

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Tous les week-end d’été, sur France Musique, Denisa Kerschova nous entraîne, de sa voix grave et envoutante, sur les traces des musiques nées et jouées dans les stations balnéaires et thermales d’Europe : « Lieux de bien-être et de détente où se croisent écrivains, compositeurs et poètes, les stations balnéaires ont la côte en littérature. Elles sont aussi le lieu de festivals et de musique ! Passons chaque week-end de l’été dans l’une d’elles : Venise, Baden-Baden, Marienbad… sans oublier la côte normande ».

Il est possible d’accéder aux podcasts sur le lien suivant: https://www.francemusique.fr/emissions/musiques-les-bains

Voilà qui complète utilement quelques-uns de mes précédents posts : « La dame au petit chien », « sur le sens du mot Riviera »« villes d’eau, villes de pouvoir ».

C’est l’été ! Entre l’art du bronzage et l’art de la plage

L’été amène toujours son lot d’articles sur la plage et le bronzage.
Voici un petit florilège…

« Le bronzage, l_une des révolutions culturelles les plus méconnues »

Ces règles tacites qui dictent nos comportements sur la plage

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Pascal Ory _ « L_apparition du bronzage est une révolution culturelle »

 

Comment sont « nées » les plages… à La Rochelle

Le « Plan administratif de la ville et banlieue de La Rochelle », dressé en 1865 par Th.Roux (et disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale de France : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53030146v), offre un détail remarquable sur les premières plages de La Rochelle.

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On peut y voir, hors des remparts, trois mentions de bains : au centre, les bains Marie-Thérèse (les premiers, fondés en 1827, par la constitution de la société anonyme des bains de mer, composée de 97 actionnaires), à gauche, les bains Richelieu, anciennement bains Jaguenaud, fondés en 1847, et à droite, les bains publics. Un chemin, passant par la porte des deux moulins permet de franchir l’enceinte, qui enserre encore la ville, et de rejoindre le Mail, également aménagé pour offrir un espace de promenade élégant aux abords de la ville.

L’ensemble, pensé entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, impose un système de balnéarisation à trois niveaux : le chemin et le Mail ; les plages et l’aménagement des bains; et entre les deux, le jardin à l’anglaise. A noter que cette première « balnéarisation » s’est donc faite hors de la ville emmurée.

Lorsque cette carte est dessinée, il est encore trop tôt pour signaler, à proximité du Mail, les Bains Louise, qui ouvriront leurs portes aux femmes de la classe ouvrière en 1870. En revanche, un établissement plus modeste, les Bains Guillemet, existait déjà depuis 1860, en pleine ville, rue Fleuriau.

Ci-dessous, quelques illustrations des bains et de la promenade du Mail :

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Anciennement Bains Jaguenaud – Neurdein, frères – vers 1875 © http://yveslebrec.blogg.org/la-rochelle-par-les-freres-neurdein-a127078262
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Les bains Jaguenaud – lithographie d’Adolphe d’Hatsrel (1847) © http://www.alienor.org/collections-des-musees/fiche-objet-110569-paysage-les-bains-jagueneaud

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Il reste aujourd’hui encore quelques vestiges que l’on peut voir à marée basse :

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Vestige des bains Richelieu © L. Vidal (2018)

Les bains Marie-Thérèse ont également été lithographiés par Adolphe d’Hastrel – qui (pour l’anecdote)a voyagé au Brésil et réalisé de belles gravures de la ville de Rio de Janeiro.

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Bains de mer Marie-Thérèse – lithographie d’A. d’Hastrel (1845) © http://www.alienor.org/collections-des-musees/fiche-objet-109417-paysage-les-bains-de-mer

Et voici ce qu’il en reste aujourd’hui :

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Ruines des aménagements des bains de mer Marie-Thérèse © L. Vidal (2018)

Aux abords des bains de mer, un parc à l’anglaise, avec un kiosque à musique (à la mode chinoise) et le pavillon Fleuriau (du nom de Fleuriau de Bellevue, l’un des actionnaires de la société anonyme, qui l’avait fait construire à ses frais pour agrémenter les promenades des curistes dans le parc, et dont la fortune vient des plantations de sucre de Saint-Domingue, et de la main d’œuvre esclave).

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Vue de La Rochelle depuis les Bains Marie-Thérèse
Oeuvre de Auguste Alexandre Abel de PUJOL (fils), 1851 © http://www.revue-arcades.fr/vue-de-rochelle-bains-marie-therese/

Les Bains Richelieu ont disparu en 1897. Les bains Marie-Thérèse sont rachetés par la ville en 1902 qui y apporte diverses améliorations comme la construction d’une salle de spectacle. Entre-temps, l’usage du bain de mer s’est modifié et le plaisir de la baignade popularisé. Pour y faire face, La Rochelle n’a qu’une plage très modeste dite de La Concurrence en référence aux Bains Marie-Thérèse. En 1907, la ville y entreprend des travaux conséquents. Elle agrandit la plage, installe des cabines neuves et fait construire un café, la Pergola. Une vaste jetée promenade s’ouvre désormais jusqu’au casino du Mail (http://www.lagenette.org/la-genette-racontee/206-les-bains-marie-therese).

 

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Au début du XXe siècle, les activités de plage ont pris une telle ampleur qu’il a fallu réglementer les usages, à l’exemple de cet arrêté de 1934 :

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Peut-être était-ce une réaction à l’apparition de véritables naïades, comme en témoigne cette carte postale des années 1920 (toutefois, si l’on fait une rapide recherche à partir de l’image, on se rend compte que plusieurs villes ont utilisé cette photo d’une baigneuse aux formes généreuses – Calais…).

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De Tower beach à Paris Plage : “urbeach”, des plages dans la ville

L’historienne Elsa Devienne a publié (en français et en anglais) sur le site La Vie des idées un article intitulé : «Des plages dans la ville. Los Angeles et la réflexion sur la plage urbaine idéale». en voici le premier paragraphe, qui est bien en lien avec la problématique de Balneomar :

« Aménager de grandes étendues de sable dans un cadre urbain est l’une des dernières tendances d’un urbanisme qui entend implanter le loisir au cœur des grandes villes. La première plage artificielle de ce type fut vraisemblablement créée à Londres en 1934 lorsque 1500 tonnes de sable furent déversées le long de la Tamise, juste en dessous de la Tour de Londres. Celle qu’on appelle alors «Tower Beach» connaît un franc succès tout au long de son existence, en particulier auprès des classes populaires qui ne peuvent pas s’offrir le trajet vers les stations balnéaires. Bien que seulement cinq cent personnes puissent folâtrer sur le sable au même moment, et malgré une qualité de l’eau très médiocre, la plage attire les Londoniens en foule. Fermée pendant la Seconde Guerre mondiale, Tower Beach rouvre en 1945 pour finalement fermer définitivement en 1971 en raison de la pollution.

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Enterré à Londres, le concept de plage urbaine a récemment refait surface sur d’autres rivages et suscite l’engouement en Europe et aux États-Unis. Un mot a même été inventé pour décrire ce phénomène : «urbeach» (une combinaison des mots «urban» et «beach») et depuis l’inauguration de «Paris Plage» en France en 2002, Birmingham, Berlin, Las Vegas, Amsterdam, Rome et New York ont inauguré leurs propres versions de l’ «urbeach» ».

 

Mazagan, reine des plages du Maroc

El Jadida (Maroc), ancienne forteresse portugaise de Mazagão…

Lors du protectorat français (1912-1956), une petite plaquette est diffusée pour présenter Mazagan, reine des plages du Maroc (Imprimerie française, 1922). Il y est question de son «capital touristique de premier plan», avec la «coquette cité portugaise» et «une plage incomparable et unique au Maroc, tant par sa beauté que par sa sécurité absolue. Tous les estiveurs qui l’ont vue, y ont résidé, sont unanimes à vanter ses charmes. Sur une longueur de plus de deux kilomètres s’étend une plage de sable fin où viennent se briser mollement les flots atlantiques. Très fréquentée pendant la saison des bains de mer (15 juin – 15 septembre), la plage de Mazagan est un rendez-vous des estiveurs qui viennent y dresser leurs tentes ou cabanons (…). C’est donc à juste raison que Mazagan a été dénommé le Deauville Marocain».

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Cette dimension touristique de Mazagan va orienter la politique du protectorat dans deux directions. En premier lieu, la construction d’une ville nouvelle à l’extérieur des remparts est décidée en 1916 : «la ville nouvelle forme un vaste demi-cercle autour de l’agglomération indigène et s’étend en particulier à l’Est, le long de la magnifique plage de sable, longue de plusieurs kilomètres, qui fait le charme et le grand agrément de Mazagan».

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Ensuite, la réalisation sur cette plage d’un casino (construit au bout d’une jetée, sur pilotis, en 1925 – mais rapidement effondré en raison de fondations instables), d’un cinéma et d’un hôtel (l’hôtel Mahraba, dessiné en pleine seconde guerre mondiale par les architectes Emile Duhon (1911-1983) et Marius Boyer, 1885-1947). Son architecture reprenait les éléments et design des paquebots.

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Des cartes postales souvenirs, avec la reproduction iconographique des bâtiments les plus symboliques, permettaient de diffuser la beauté de cette nouvelle plage.

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Aujourd’hui le casino est effondré, l’hôtel abandonné et en partie détruit.

Mais leur présence témoigne de la façon dont les colonies ont servi de terrain d’expérimentation aux Européens pour diffuser, bien au-delà du continent, le modèle balnéaire et les valeurs culturelles de modernité qui lui sont associées.

Un poème anonyme, daté de 1947, témoigne de cela : « Mazagan, la jolie ville »

Venez, jolies Parisiennes
Contempler notre Océan
Sur les côtes marocaines
Connaissez- vous Mazagan ?
C’est une ville charmante
Renommée par sa beauté
Toutes les femmes élégantes
S’y donnent rendez-vous l’été.
Mazagan, la jolie ville
Mazagan, plage tranquille
Rayonnement des beaux jours
C’est la joie et c’est l’amour
Son ciel d’un bleu merveilleux
Est le rêve des amoureux
Dans un éternel printemps
On y a toujours vingt ans
Sur cette plage enchanteresse
Quelle gaîté et quel entrain
Dans sa cabine on se presse
Pour aller prendre son bain
Sous la brise qui les caresse
Au milieu des flots berceurs
Le cœur empli d’allégresse
Les baigneurs chantent en chœur
Pas besoin d’être millionnaire
Pour être heureux ci bas
A notre station balnéaire
Où fleurissent les mimosas
Dans un cadre original
Se dresse le Casino
Dont le charme est idéal
On y danse le Tango
Mazagan, la jolie ville
Mazagan, plage tranquille
Elle est tous mes amours
Et je l’aimerais toujours
Mazagan, sous les étoiles
Quand la nuit déploie ses voiles
C’est un délicieux printemps
Venez tous à Mazagan

(trouvé dans : http://eljadidascoop.com/mazagan-la-jolie-ville-eljadidascoop/)

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« Villes d’eau, villes de pouvoir »

L’émission « La Fabrique de l’histoire » (France Culture) a consacré, du 30 avril au 2 mai, une série aux villes d’eau.

Avec le commissaire de l’exposition « Tous à la plage ! », Bernard Toulier, l’une des émissions compare les villes balnéaires de bord de mer et les villes thermales, dans leur organisation spatiale comme dans l’usage qu’en font les classes dirigeantes du XVIIIè au XXè siècle.  Quels en sont les investisseurs ? Quel rôle joue l’Etat ? Comment celui-ci afferme-t-il les bains aux sociétés privées ? Pourquoi ces villes thermales sont-elles aussi des villes de pouvoir ?

Il est possible de la podcaster ici.