Sur une exposition : « Quando o MAR virou RIO »

« Quando o MAR virou RIO »… tel est le nom d’une exposition que le musée historique national de Rio a accueilli en 2017 : « Quand la mer est devenue Rio » [*jeu de mots entre Rio (de Janeiro) et Fleuve (de Janvier)]. Comme l’expliquent les concepteurs, l’exposition a été inspirée « par le curieux fait historique que la ville internationalement connue par son style de vie dicté par la plage a un nom de fleuve ».

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Je ne parlerai ici que de la partie photographique.

Outre les photos classiques d’Augusto Malta (1864-1957) sur les premiers aménagements des plages à Rio (dont on peut trouver les principaux clichés dans la collection Brasiliana Fotográfica,

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Augusto Malta – la plage de Copacabana vue du Copacabana Palace (sd[192-]) / Rio de Janeiro, RJ / Acervo FBN

on pouvait y découvrir les photos de Geneviève Naylor, engagée par l’Office of Inter-American Affairs (OIAA), dirigé par Nelson Rockefeller et chargé de l’implantation de la Politique de Bon Voisinage. Cette toute jeune photographe (25 ans) devait appliquer un protocole bien précis afin de produire des images de propagande (voir à ce sujet : Robert Levine, The brazilian photographs of Genevieve Naylor, 1940-1942, Durham and London, Duke University Press, 1998). En 1943, en marge de la fameuse exposition « Brazil Builds », le MoMa de Ney York a d’ailleurs exposé 50 photographies de Naylor (« Faces and Places of Brazil ») pour diffuser une image positive du Brésil – la plage de Copacabana, avec des types sociaux clairement identifiés, y était largement représentée.

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Genevieve Naylor, Copacabana (1941 – Colection Reznikoff)

D’autres photos venaient compléter l’exposition : celles, homoérotiques, d’Alaïr Gomes (ce qui fut pour moi une découverte – cf. le premier post de Leticia Parente, qui propose justement une reproduction d’Alair Gomes) et surtout celles du photographe de São Paulo, Júlio Bittencourt (encore une découverte !), sur une plage populaire de Rio (piscinão de Ramos), plage artificielle construite entre 2000 et 2001 dans la favela da Maré (à 24 km de Copacabana – cette carte de 2016 sur les principales plages de Rio ne mentionne que le quartier de Ramos, en haut à droite).

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Ce sont cette fois, dans le photographies de Júlio Bittencourt, d’autres corps que l’on peut découvrir (pour connaître l’ensemble du travail de ce photographe, cf. son site). Et il vaudrait la peine d’analyser, de manière comparée, pour mesurer les emprunts réciproques, les aménagements spatiaux et les usages sociaux du piscinão de Ramos avec une plage comme Copacabana.

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© Julio Bittencourt (2008)
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© Julio Bittencourt (2013)
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© Julio Bittencourt (2013)

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